Sculptures de toile

 « …entre la dureté dite rigoureuse du cristal, géométriquement ordonné, et la fluidité des molécules molles et glissantes, existe un matériau intermédiaire que la tradition laissait au gynécée, donc peu estimé des philosophes, sauf de Lucrèce peut-être : voile, toile, tissu, chiffon, étoffe, peau de chèvre ou d’agneau, dite parchemin, cuir écorché d’un veau pelé ou dépouillé, dit vélin, papier souple et fragile, laines ou soieries, toutes variétés planes ou gauches dans l’espace, enveloppes du corps ou supports de l’écriture, pouvant fluctuer comme un rideau, ni liquide ni solide, certes, mais participant des deux états. Pliable, déchirable, extensible… topologique. »

Michel Serres, Atlas

 

J’ai rêvé que certains lieux, tout particulièrement « de passage », fassent œuvre. Qu’on puisse les parcourir comme on caresse un corps.

 

« Totem », 1986

Totem

Silhouette féminine s’inscrivant dans une porte, à l’échelle humaine (200 x 80 x 80 cm).

 

« La Femme que j’aime », 1986

LaFemme

Un titre à la manière surréaliste, et un sous-titre : Maquette pour une esplanade.
Je perçois une dimension possible – monumentale – pour ces structures qui ne sont pas destinées à des intérieurs, mais à l’intérieur desquelles on devrait pouvoir évoluer. Qu’en y évoluant, chacun fasse corps avec l’œuvre. Une échancrure latérale du motif central aurait permis l’accès à l’intérieur de la structure.
Ce projet, comme la plupart des suivants, est resté à l’état de maquette.

 

« Méditerranée », 1987

Mediterranee

Vent et vagues… une sorte de bas-relief ajouré sur fond de paysage. Les pièces de toile découpée sont haubanées à un cadre extérieur. L’œuvre a été exposée à la Biennale d’art contemporain de Nice.

 

« Pour les enfants », 1993

PourLesEnfants

Projet de velum pour une aire de jeux.

 

Quatre propositions pour le campus de Grenoble, 1994

Campus-Grenoble

Au cours des années 90 a été décidée la création d’un axe urbain au coeur du campus universitaire de Grenoble. Belle opportunité de se greffer sur un projet urbanistique, d’autant plus qu’un bureau d’étude en architectures textiles était prêt prêt à travailler avec moi (… à condition que j’apporte le financement).
Conformément aux conclusions de l’étude d’impact menée par les architectes, le projet consistait à créer une galerie piétonne recouverte d’une résille textile, véritable « fil d’Ariane » se poursuivant le long des façades, chaque bâtiment étant invité à s’approprier cette résille. Corrélativement à la densification urbaine, l’axe devait rester ouvert aux flux transversaux.
Mes quatre propositions s’articulaient à 4 points nodaux situés soit au centre, soit à la périphérie du projet, en autant de variations sur le thème de la résille. Il n’y a pas eu de suite.

 

Proposition pour Europôle (Grenoble), 1994

Europole

Europôle est un quartier d’affaires situé à proximité de la gare de Grenoble.
En contrepoint à une architecture délibérément monolithique, froide et anonyme, trois mâts s’articulent autour d’un pivot central en forme d’aile posée (pouvant accessoirement servir de banc). Ils « regardent » chacun des bâtiments et posent la question de l’échelle humaine, au débouché d’un passage souterrain donnant accès à l’esplanade.
Cette configuration faisait également référence aux « Trois Pics », stabile tripode de Calder installé sur le parvis de la gare.
L’aménagement esthétique d’Europôle a finalement été confiée à un éclairagiste célèbre…

 

« Conversation passagère », 1995

Magasin

Proposition pour la « rue » du Magasin, centre d’art contemporain de Grenoble.
La « rue » est l’espace de déambulation et d’exposition, long d’une soixantaine de mètres, qui occupe la travée centrale du Magasin.
Le projet d’installation visait à créer un parcours entrecroisant plusieurs groupes de matériaux – minéral, textile, grillage, écran vidéo… – en une réflexion sur les différents textes, récits ou identités qui alternent ou se juxtaposent au cours de la traversée de cet entre-deux qu’est une rue.
Le projet a été retoqué « pour raisons de sécurité »…

 

 

« Maison – Paysage », 1996

MaisonP

Proposition pour une aire autoroutière, Parc naturel des Volcans d’Auvergne. Géographiquement, le site fait la transition entre les Combrailles, région encaissée et fortement boisée, et les plateaux d’Auvergne. La silhouette de la structure évoque celle des volcans qui composent la Chaîne des puys, panorama qui connote fortement l’identité de la région. L’habitacle était destiné à accueillir un point d’information, une cafétéria, … offrant ainsi un sas aux voyageurs.

 

« Minérale / végétale « , 1996

Minerale

Pour la couverture du parking d’attente d’un parc de loisirs consacré au volcanisme,  dans le Parc naturel régional des volcans d’Auvergne.
Comme j’en ai pris l’habitude, je consulte l’étude d’impact publiée par les architectes : il est intéressant de proposer des réponses esthétiques à des problèmes techniques. J’y repère ceci, au titre des problèmes non résolus par l’intégration paysagère du site : l’intégration en vue aérienne – ce qui n’est pas si anodin, la région faisant l’objet d’un fort tourisme aérien. Ma proposition travaillait avec les courbes de niveau du terrain et la coloration de la végétation, de manière à réduire au maximum son emprise visuelle – tout en offrant un ombrage aux visiteurs.
Rien d’autre n’a été réalisé sur cet emplacement (qui est resté très laid).

 

 

Proposition collective pour la Faculté des lettres de Clermont-Ferrand, 1998

FacLettres

Maquette réalisée avec des étudiants, dans le cadre d’un atelier d’arts plastiques.
L’installation, au pied d’un amphi extrêmement visible dans la ville, était pensée comme la première édition d’une manifestation annuelle prenant place dans le cadre des « Arts en ballade » (pendant un week-end par an, les artistes de l’agglomération clermontoise ouvrent leurs ateliers au public). Les projets pouvaient être très différents, à l’initiative des étudiants, d’une année sur l’autre.
L’on parlait beaucoup, à l’époque dans les instances universitaires, d’ouvrir l’université à la ville, et de montrer cette ouverture. Ce pouvait être une occasion. La proposition ne rencontra aucun écho.

 

« Vu d’ici », 2002

VD

Après toute une série de maquettes, je ressentais le besoin d’une installation grandeur nature.
C’était une période de transition, à tous points de vue. La gestation du projet, jusqu’à sa réalisation, a pris trois ans. Sa structure circulaire est un ventre, une matrice. J’ai fait appel à d’autres artistes – photographe, écrivains, musicien, danseuse… – pour que cette scène soit l’œuvre de plusieurs, pour que cette pluralité puisse se diversifier d’une installation à l’autre, pour qu’elle soit vivante, jamais exactement la même d’un lieu à l’autre.
C’était, comme on dit, au tournant du millénaire : l’identité de l’individu (occidental) contemporain, la fin des « grands récits », etc… étaient très discutés. En invitant les visiteurs à pénétrer pour osciller entre le dedans – les tissus de plus en plus soyeux en se rapprochant de la petite scène avec une figurine au centre – et le dehors, où des caméras au sol filmaient les pieds pour les rebasculer sur l’écran central, j’ai mis en scène le flottement, l’indécision : qu’est-ce qui fait œuvre ? La scène miniature au centre, ou bien ce balancement entre la réalité et sa mise en scène ? Je voulais donner aux gens l’envie de s’attarder, de prendre le temps d’y méditer. J’ai eu de beaux témoignages en ce sens.
Ce travail a été présenté dans le cadre du 4e Festival « Musiques démesurées », Clermont-Ferrand, juin 2002. J’en ai ensuite fait une vidéo en collaboration avec un couple de danseurs.

 

« En concert », 2004

EnConcert

Fond de scène sollicité par un trio de musiciens à l’occasion de la création d’une partition contemporaine. La composition transcrit l’architecture rythmique de la pièce, les jeux de transparence des couches de toiles superposées font écho aux timbres des différents instruments. L’ensemble a été conçu pour ne pas s’imposer ni risquer de distraire l’écoute musicale.

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