Dire…

Dire / Dédire déboire et remettre ça comme on partirait faire la tournée de terrains vagues à l’âme pour y chercher des petits mots éclos de roses séchées

Quoi ? Quel est le sujet ? On a du mal à vous suivre / Quoique pour une petite cure innocente de désobéissance sympathique dans un tissu de sens / Convertir le sentiment d’une condition de détention sur la grève de la syntaxe en friche de bourgeons de phrases délicates / Pas tort ! Infiltration de la respiration / Un ravalement de façade du sérieux s’imposerait-il un certain effacement ? Vous repasserez ou on vous écrira ?

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… le diaphane, pour laisser venir

Il faut parfois plusieurs années pour prendre la mesure de ce que l’on a fait, ou essayé. Deux ou trois ans après avoir réalisé cette peinture, je sentais qu’elle « ne m’avait pas tout dit ». Quelque chose d’elle m’échappait encore. J’ai alors décidé de vivre avec et je l’ai installée dans mon lieu de vie. En la faisant j’avais privilégié le rythme qui la balaie de gauche à droite en s’accrochant aux tons boisés qui la scandent. Mais au fil des mois c’est dans sa profondeur qu’elle s’est peu à peu révélée.

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Colère solidaire !

Faisant désormais partie de ces « vieux cons » qui pensent que la complexité oblige sans cesse à nuancer l’argument d’une certitude mais pas forcément à instruire celle-ci dans les poubelles de l’histoire, je vous  livre cet accès d’humeur…

Chaque jour qui passe enrage un peu plus ma privation de spectacles vivants et « ça commence à suffire » !!! Je veux recevoir toutes les mobilisations en cours et diverses prises de Parole comme un signe de santé, un refus de renoncement, un appel aussi  à la mobilisation des militants de l’éducation populaire aux côtés des artistes qui vont contaminer autrement notre quotidien et non comme l’expression d’un dernier sursaut, pour l’honneur…

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Surgissements

« Quant au trouble, à surgir depuis toujours comme un pont tremblant sur l’abîme du désir, comment pourrait-il résister à la constante marée d’images qui nous est devenue incontrôlable ? »

« Que reste-t-il de la lumière du désir ? Que reste-t-il de ses éblouissements, de ses ténèbres, de son innocence sauvage ? »1

Ce qui nous fait défaut, ce n’est pas tant de se faire voir – ce maître mot de l’époque -, c’est l’incarnation. Toute chair est dorénavant suspecte,

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Comme à cloche pied, le…

… crayon hésite, se pose un instant, se reprend aussitôt, tente un trait, un mot. Un brouillon, des notes dans la marge d’une page dont la blancheur appelle quelque chose qui se décidera par-delà nos intentions. L’hôte est capricieux.

Nous aurons l’un et l’autre traversé l’hiver armés de nos carnets. Nous tenons dans la main, au format poche, une seule certitude : les ratures qui attestent de nos veilles, les preuves – l’épreuve ! – de nos itin/errances. Carnets de voyages en douce sous la lampe, bribes de mondes en flocons épars, autant de pistes, autant de promesses de doute1. De page en page un continuum de fugacités, de pourquoi pas, de mais non et de peut-être que si… (Avec pour moi l’avantage sur toi qui écris, que la juxtaposition de mes ratures arrive parfois à faire motif.)

Qu’il était simple, quand nous étions enfants, de sautiller de la Terre au Ciel…

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… Texte, simplement

Chaque jour, et parfois avec un certain cynisme, IL conjuguait et IL conjugue toujours le temps d’écrire dans un compte à rebours et s’en amuse quelquefois ; quelquefois pas, car IL ne s’en amuse pas pour en finir d’écrire. Encore un jour de passé, où IL n’écrit pas, où IL réussit à contenir la plume dans une paresse de circonstance, encore un jour où IL réussit à esquiver, à repousser à plus tard.

Faut croire que non…!

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Caviar d’âge chronique

J’ai des images de poste restante à la veille d’un grand soir.

Chercher querelle aux mots piégeurs. À quelle adresse le destinataire déchire-t-il ses courriers? A-t-il déjà été écrit? Pour éconduire les mots valises et passer au travers de la muraille du langage d’usage.

Poursuivre le jeu de la tergiversification : masquer les paradoxes pour tenir le grand écart à l’instant d’après, entre la lassitude des jours sans lacets et l’entrelacement des pensées conspiratrices.

Dans sa carrière de mélancolies le tailleur de silence fait saillir un éclat de signifiant : un entraînement à l’esquisse de portraits poétiques de la dérision.

La rosée au petit matin n’y peut rien , l’état de veille pose la question du sujet . Quoi de neuf ou quelle remontante ? Lire la suite

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Impatiences

S’extirper. S’exposer à nouveau. Tenter de se démasquer ?

« Black & Blue » : l’expo suit son cours1, confidentielle comme il se doit, l’essentiel niché dans la rareté des rencontres. M’y suis risqué avec pour me donner un peu d’assurance les mots d’ordre de la Great black music, qui m’est une source vive. We insist ! / Stand up ! / Don’t give up ! Autant de titres que j’aurais pu donner à mes toiles, autant de maximes pour les temps présents. Charles Mingus, Archie Shepp – Black Power, Black Lives… Aller jusqu’où ça tremble. Assembler des figures d’effroi et de colère. Puis calmer le jeu. Tenir tête.

À la désolation tout autour, à l’interminable délitement. Au sentiment qu’il n’y a plus d’universel que les troupes de robocops suréquipés qui se ressemblent tant, d’un pays à l’autre. A croire qu’il n’y aura bientôt plus que les manifestations pour faire l’épreuve du réel – donner ou recevoir des coups [Annuler et remplacer par : effleurer, caresser, palper].

À l’asphyxie des corps et des imaginaires / 18 000 noyés en Méditerrannée entre 2015 et 20202, 18 000 photos à épingler aux murs de nos chambres, pour veiller sur notre sommeil.

Exemplarité de Purple Sea, ce document caméra dans l’eau après qu’une embarcation ait chaviré. Regardez ces jambes qui remuent pour se maintenir à flot, s pantalons et ces baskets qui sont sans doute les seuls biens de ceux qui les portent, ce pan de manteau obsédant. Entendez ces clameurs étouffées qui claquent tout d’un coup lorsque très brièvement la caméra émerge. C’est interminable, il ne se passe rien, c’est difficile de regarder jusqu’au bout, et pourtant ça ne dure qu’une heure. Et pour eux ? Nous faisons mine de les ignorer parce qu’ils sont nos autres, le revers de notre monde, sa béance. Cette irréalité, dans l’écran, de corps anonymes suspendus à leur survie, cependant qu’à l’autre bout on nous dit le succès des « vols en direction de nulle part ». Sans commentaire.

Je ne fais rien, pour me tenir éveillé, pour me relier, que me tenir à mon crayon, à mes pinceaux. Que d’improviser des conduites, à défaut de stratégie. Paul Nizon, il y a bien des années, l’a dit3 mieux que je ne saurais : « Et je sombre de tout temps dans cette solitude, quand je me tiens éloigné de mon activité solitaire de danseur de corde, quand je stagne, je suis si profondément convaincu que tous ceux qui font autorité doivent être partie prenante de la destruction en ce monde, j’ai sans doute de par mon sentiment été depuis le tout début pénétré par cette conviction, il n’y avait pas de clairière dans mon pessimisme le plus noir, et je retombe immédiatement là-dedans, quand je m’arrête, que je m’interromps, que je ne poursuis pas mon écriture, ma croisade dans l’écriture, je suis sans doute d’une tristesse infinie en mon for intérieur, et tout ce dont j’ai soif, tout l’amour, tout l’éclat de la vie, toute la beauté, toute la simplicité sont conquises sur cette noirceur, et c’est cela mon œuvre, c’est tout, c’est aussi simple que cela. »

Définitivement.

1Hôtel de ville de Gerzat, Puy-de-Dôme, jusqu’au 29 octobre, qui me vaut 1 mn de visibilité warholienne : https://www.youtube.com/watch?v=CkRxksoWyy0

2 https://www.arte.tv/fr/videos/076646-000-A/numero-387-disparu-en-mediterranee/ Une lettre d’amour retrouvée dans un portefeuille… L’admirable recherche d’identité de ces disparus, afin qu’ils aient une sépulture.

3 Paul Nizon, L’Envers du manteau (Actes Sud, 1997, p. 144). Son nom fait revenir ceux de Georges Perros, Bernard Noël, Joë Bousquet, et aussi Patrick Cloux – une fratrie, un réconfort. Les livres ne meurent pas dans les bibliothèques !

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Petits empêchements (2)

Bousculer l’usage des mots dans leurs valeurs des changes comme on mute en proverbe. / Basculer dans l’échange de mots combustibles à l’avenant. / En ces temps de confinement s’amasse une profusion de déchets d’écriture ! / L’Ici là bat son trop plein d’empilement dégluti. / Ablation de la paresse féconde ou Méningement intense ? Lire la suite

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