Comme à cloche pied, le…

… crayon hésite, se pose un instant, se reprend aussitôt, tente un trait, un mot. Un brouillon, des notes dans la marge d’une page dont la blancheur appelle quelque chose qui se décidera par-delà nos intentions. L’hôte est capricieux.

Nous aurons l’un et l’autre traversé l’hiver armés de nos carnets. Nous tenons dans la main, au format poche, une seule certitude : les ratures qui attestent de nos veilles, les preuves – l’épreuve ! – de nos itin/errances. Carnets de voyages en douce sous la lampe, bribes de mondes en flocons épars, autant de pistes, autant de promesses de doute1. De page en page un continuum de fugacités, de pourquoi pas, de mais non et de peut-être que si… (Avec pour moi l’avantage sur toi qui écris, que la juxtaposition de mes ratures arrive parfois à faire motif.)

Qu’il était simple, quand nous étions enfants, de sautiller de la Terre au Ciel…

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… Texte, simplement

Chaque jour, et parfois avec un certain cynisme, IL conjuguait et IL conjugue toujours le temps d’écrire dans un compte à rebours et s’en amuse quelquefois ; quelquefois pas, car IL ne s’en amuse pas pour en finir d’écrire. Encore un jour de passé, où IL n’écrit pas, où IL réussit à contenir la plume dans une paresse de circonstance, encore un jour où IL réussit à esquiver, à repousser à plus tard.

Faut croire que non…!

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Caviar d’âge chronique

J’ai des images de poste restante à la veille d’un grand soir.

Chercher querelle aux mots piégeurs. À quelle adresse le destinataire déchire-t-il ses courriers? A-t-il déjà été écrit? Pour éconduire les mots valises et passer au travers de la muraille du langage d’usage.

Poursuivre le jeu de la tergiversification : masquer les paradoxes pour tenir le grand écart à l’instant d’après, entre la lassitude des jours sans lacets et l’entrelacement des pensées conspiratrices.

Dans sa carrière de mélancolies le tailleur de silence fait saillir un éclat de signifiant : un entraînement à l’esquisse de portraits poétiques de la dérision.

La rosée au petit matin n’y peut rien , l’état de veille pose la question du sujet . Quoi de neuf ou quelle remontante ? Lire la suite

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Impatiences

S’extirper. S’exposer à nouveau. Tenter de se démasquer ?

« Black & Blue » : l’expo suit son cours1, confidentielle comme il se doit, l’essentiel niché dans la rareté des rencontres. M’y suis risqué avec pour me donner un peu d’assurance les mots d’ordre de la Great black music, qui m’est une source vive. We insist ! / Stand up ! / Don’t give up ! Autant de titres que j’aurais pu donner à mes toiles, autant de maximes pour les temps présents. Charles Mingus, Archie Shepp – Black Power, Black Lives… Aller jusqu’où ça tremble. Assembler des figures d’effroi et de colère. Puis calmer le jeu. Tenir tête. Lire la suite

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Petits empêchements (2)

Bousculer l’usage des mots dans leurs valeurs des changes comme on mute en proverbe. / Basculer dans l’échange de mots combustibles à l’avenant. / En ces temps de confinement s’amasse une profusion de déchets d’écriture ! / L’Ici là bat son trop plein d’empilement dégluti. / Ablation de la paresse féconde ou Méningement intense ? Lire la suite

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Petits empêchements

Élections municipales + coronavirus = total flou.

= Comment être finement con ?

Lors de notre précédent billet, on se souhaitait pour les temps à venir un peu de raffinement. Dans la foulée et sans m’y être vraiment préparé, j’ai saisi l’opportunité d’agir en ce sens en rejoignant une belle équipe engagée dans la campagne des municipales. Occasion de confronter quelques règles de vie au ras du pavé, de scruter si quelques graines d’utopie auraient leur chance. Je vous passe la multitude des réunions et les mails à la tonne mais, alors même que s’inauguraient les premières mesures de mise à distance …nous avons gagné. Sitôt élus, sitôt suspendus. Lire la suite

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Continuons !

Avec ces photos empruntées à LundiMatin(1) nous voulons titrer 2020. Comme une tâche nécessaire au temps présent, tatouée sur notre quotidien où l’insurrection ne serait plus un mythe. Bonnes continuations donc avec cette première livraison de l’année.

Lamor Lire la suite

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Jachères XI

J’appréhende le songe menteur, la sécheresse féconde et la mue sédentaire.

Pas de quoi souscrire à la faute comme on part à la fraude / Faire seulement valoir un préavis de rêve illimité, un prêt à vices, je rêve d’une malle à outils sur la grève. Lire la suite

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Jachères X

Devoir de vacance ? Déambuler en dedans, céans, parmi les ondes langagières, intrépide monologue sur sa perte de mémoire, parle à l’improviste au seul à seul, à l’écart du vacarme / J’ai perdu mes mots dans un chahut de pas rares phrases / Et pour aujourd’hui vous prendrez quoi ? Lire la suite

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De l’organique au minéral : le paysage comme territoire in/habitable

… notre forêt primitive, dis-tu.dav C’est bien là que j’ai cru pouvoir me réfugier, en cet été aux chaleurs inamicales qui m’a interdit les vrais sous-bois, tant rien ne fut épargné. Alors j’ai tenté de m’enfouir au-dedans, fantasmant une tiédeur possiblement fertile, un clair-obscur propice. Mais je n’ai pas réussi à me mettre à couvert de cette aridité qui jusqu’à présent n’appartenait qu’au morbide mois d’août : celui-ci commença dès juin et longtemps mes couleurs séchèrent sur ma palette avant que je sache les en extraire… Comment faire vite, alors, pour signifier cette torpeur, cette hésitation, cet écrasement ? Lire la suite

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