
J’ai récemment relu quelques pages de Jean Dubuffet, L’homme du commun à l’ouvrage, dont je vous livre un extrait ci-après. Coïncidence : je venais de commettre ces deux petites esquisses. Inachevées, mal ébarbées, tout juste des brouillons… un « mal fini » qui n’avait rien de prémédité et devait n’être qu’une étape vers quelque chose de plus abouti. Mais en les disposant en vis-à-vis me vint cette injonction : « surtout n’y touche plus, elles dansent toutes seules ! », ça y est, je ne m’en rendais pas compte mais ça y est déjà, elles sont suspendues dans l’imminence de leur envol, danseur et danseuse en attente de qui commencera en premier, tous les deux réunis sans doute par l’horizontale qui délimite le tiers inférieur de la feuille – comme une barre d’appui ou un balancier au moment d’être saisi ? Il n’aurait pas fallu pousser plus loin, c’était trop risquer d’esthétiser et figer cet instant. Mais comment parviennent-elles à danser, si ce n’est par la vibration de notre regard ? N’est-ce pas leur imperfection même qui est le visage de cette attente d’une prise de regard (comme on dit prise de parole) qui va les achever – non pas les finir, mais les remettre en mouvement ?
Lire la suite













































































![[75 x 50 cm] x 3, 2012](https://lisieres.net/wp-content/uploads/2017/05/2012_75x50x3.jpg?w=450)







































































































